Remilou

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 30 mai 2010

Un cadeau

Le 24 mai 2006, j'ai reçu un billet de loterie-du-destin. Jamais je n'avais joué à ce jeu là et donc très surprise, je suis allée voir au bureau des distributeurs et j'ai hurlé qu'il y avait forcement une erreur parce que moi, j'avais misé sur la normalité et que sur ce ticket là, c'était écrit: différence.
Au bureau des réclamations, ils ont promis de chercher l'erreur. Trop en colère et totalement convaincue qu'il ne s'agissait que d'un malentendu, moi, rebelle comment pouvais-je accepter de garder quelque chose que je n'avais pas voulu. Alors, je l'ai jeté à la poubelle...

Je me souviens des regards confus qui m'ont dévorée toute crue, des mots qui m'ont brutalisée et pour finir l'évidence qui m'a foudroyée d'insupportables, d'ineffaçables. Ce billet étaient bien le notre puisqu'il était imprimé en lettre indélébiles: Mr et Mme B.

C'était le jour de la fête des mères. Le jour des mamans que j 'ai appris que c'était un cadeau et un cadeau, ça ne se jette pas. Alors, je suis allée le rechercher là ou je l'avais jeté.

Je me souviens avoir eu très peur d'arriver trop tard, Mon petit billet, d'un coup était devenu précieux. J'avais gagné à la loterie une histoire dont la fantastique aventure ne s'arrêtait jamais. Un récit qui commence par la traversée d'un océan, le périple d'une embarcation, voguant en direction d'un pays aux quatre saisons comme ici et qui abrite que quelques rares personnes. C'était un numéro qui avait une particularité remarquable et j'avais juste à gratter une case pour en découvrir l'extra-ordinaire. Encore fallait-il la trouver...

J'ai pris soin de ce billet jusqu'au départ pour le long, très long voyage. La météo annonçait de grands vents violents et même parfois des ouragans alors j'ai pris du temps et surtout toute mon énergie pour ne pas risquer de couler. Puis voilà, j'y suis arrivée et doucement, un peu fatiguée, je vais même avouer: éreintée, les mains et les genoux dans le sable chaud, je me suis relevée . Mon équilibre est tout neuf, fragile mais bien décidé à me faire avancer et si je regarde bien même, je peux voir qu'ici les vies s'unissent doucement au quotidien de chacun et c'est très bien. La force des nuages et des tempêtes allégée par la clarté du soleil et caressée par la chaleur des douces saisons font de moi aujourd'hui celle que je serai demain.
Il est temps pour moi de sortir la palette des couleurs, vives ou pastels et de laisser glisser mon pinceau au grè de ma main. Je veux sentir chaque contour se dessiner, avec ses malfaçons et ses éclats. une vie simple qui aura toujours la couleur étonnante d'un cadeau. Je suis debout. J'essaie de garder un équilibre et cette stabilité, je la devine derrière le rideau de mon château...

Ce blog restera ouvert pour suivre les aventures de mon petit apprenti lecteur et de sa longue route en compagnie de son corset. (Qui est tout joliment décoré d'autocollants, merci à Julie et Simon, je ferai des photos très vite!) Avec Ma vie de château Je continuerai à raconter l'évolution de Rémi et mes petites confidences de maman d'enfant différent.

mardi 4 mai 2010

Grand garçon

Lorsqu'on me demande l'âge de mon petit garçon, je réponds qu'il a 3 ans.
Depuis quelques jours, je le regarde en pensant que dans deux petites semaines, il soufflera ses 4 bougies. 4 ans. C'est grand.

Un grand garçon qui "traîne" encore avec des couches. A ce propos, je l'ai prévenu qu'à peine les bougies soufflées, il enfilera des culottes parce qu'il sera justement, grand. J'ai même songé à les offrir aussi comme cadeau d'anniversaire. Marquer l'instant, fêter son nouveau titre de grand... Je ne sais pas encore si l'idée est bonne.

Il y a un désir qui se précise de plus en plus et qui commence à me presser. Dès demain, je vais m'y atteler. J'imagine mon bonhomme le découvrir au milieu de tous ses paquets colorés et enrubannés et écouter ce que j'aurai à lui expliquer. Il pourra ouvrir son tout nouveau classeur à 4 anneaux et lire les présentations.

Un classeur offert parce que Rémi est grand et qu'il est friand des livres d'histoires. D'ailleurs ce matin, nous en avons comptés 53 rien que de Petit Ours Brun. Un classeur aux feuilles rangées soigneusement dans des pochettes plastifiées, qu'il pourra ouvrir à tout moment dans la journée, puisqu'il sera placé sur la table de la salle de jeux. Un classeur que je me suis promise de décorer, de photos et de mots, chaque jour. Rémi aime les contes racontés et ce classeur, il va forcement l'adorer parce que le héros, ce sera lui. Des textes lisibles pour lui, qu'il puisse poser son index sous chaque mot et découvrir au fil des jours, les souvenirs des moments simples de sa vie de grand. Je vais vous avouer aussi que j'ai la chance de connaître Simon, "le-futur-beau-frère-adoré" aux talents manifestes, il saura aussi l'émerveiller avec ses jolies petites BD inventées et que je m'empresserai de glisser dans une pochette de son classeur de grand.

Même s'il ne sait pas vraiment ce que cela signifie « être grand », je crois qu'il aime bien ce nouveau statut que je lui attribue depuis quelques jours maintenant. « A moi », « c'est mon » et « tout seul » font partie de ce que je peux entendre sortir de sa bouche très régulièrement dans une journée et puis, sans prévenir, il s'arrête et pose sa tête sur mon épaule ou mes genoux pour une trêve, un « Momi adore maman- té mon maman » et un gros bisou avant de repartir affirmer sa toute nouvelle grandeur...

samedi 17 avril 2010

retrouvé

Ici, c'est la dernière semaine de vacances et pour Rémi ce sera celle-là qu'il préférera sans doute parce que Leia est rentrée à la maison et Julie et Simon ont posés leurs valises dans la chambre d'amis.
Après le petit déjeuner, plusieurs fois dans une heure il me demande:
« Momi é-eiller, ulie timon? »
« Non, Rémi tu ne vas pas réveiller Julie et Simon maintenant, laisse les dormir encore un peu »
Et puis, Leia se lève, alors il patiente gentiment et moi je ne me trompe pas lorsque j'imagine la joie sur son visage quand je lui annoncerai : « Rémi, c'est l'heure! »

Cette semaine est aussi vide de RDV. Même l'appareilleur n'a pas réussi au téléphone hier, à nous emmener jusqu'à lui pour quelques petits réglages sur le corset: « ça attendra la rentrée » lui a répondu un papa décidé à se reposer.

Aucun RDV... Sur mon agenda, j'ai effacé les deux heures de kiné et une chez l'orthophoniste pour cette semaine. Sur leur porte, il y a écrit: fermé pour congés et c'est avec une profonde respiration que j'avais accueilli la bonne nouvelle. Rien... Juste un papa, une maman et leurs enfants dans leur château à la campagne. Juste des humains profitant de la douceur du printemps et du temps passé ensemble. Une vie au ralenti.

Il y a bien un RDV de tous les jours que je ne peux défaire mais il se passe "l'air de rien" puisque nous avons décidé à trois que le corset serait mis au moment de la sieste. « C'est pendant les heures de sommeil qu'il sera le plus efficace! »( J'entends encore ces mots là, lorsque dans le bureau du spécialiste, il nous expliquait les bienfaits de la chose).
Une sieste dans le lit d'un petit garçon finalement content de ne pas devoir supporter le poids de son armure qui commence à le blesser un peu lorsqu'il bouge: « Aille! Momi a mal, là! »
S'allonger dedans et se laisser prendre par le sommeil durant deux heures juste à côté de maman et puis l'oublier jusqu'au lendemain. Ça va bien à tout le monde... Nous verrons après les vacances pour les nuits. Une vie au ralenti...

( Un billet du soir que j'ai retrouvé. Oublié...
Je souris en le relisant. Les vacances se terminent et mon petit écolier est content de retrouver le chemin de la maternelle, lundi matin.
Un billet emprunt de liberté, un billet que je vais publier avec le doux souvenir en images d'une fin de journée en forêt et de deux enfants émerveillés par tant de grandeur et surtout un petit garçon très fier de son "papa-bûcheron").

jeudi 11 février 2010

Résolutions

Très régulièrement je me rends ICI et ICI pour féliciter le travail de Sixtine et Alexandre. J'admire beaucoup leur maman à tous les deux. Depuis plusieurs mois, j'essaie de temps en temps les jeux proposés, j'imprime et parfois Rémi aime, parfois moins et souvent pas du tout.
A la maison, comme en dehors, tout le monde s'accorde pour me dire qu'il est jeune et qu'il a le temps...
Il a compris que dans papa il y avait un « pé » et que maman avait un « èm » et mieux encore, que si on met un « i » à côté du « p » ça fait « pi » comme dans Popi et Capi. En ce moment on s'amuse avec le « ba » de bateau, de ballon et de banane. Rémi sait dénombrer en disant un et un deux et un parce que la suite c'est trois mais qu'après il ne sait pas. Rémi peut passer des heures avec les Duplo ou les Kappla. Rémi saute toute la journée et en vélo, je dois courir pour le rattraper.

Rémi dessine de jolis bonshommes quand il en a envie... Mais Rémi n'a plus envie. Il dit qu'il ne sait pas. Les jolies tours en Kappla que j'applaudissais avec tellement de fierté, il ne veut plus les faire: « y a-ive paaaa) Je crois qu'il voudrait faire bien mieux que ses mains lui permettent, alors pour le rassurer et l'accompagner, c'est avec la « guidance physique » qu'il sourit devant ses dessins ce matin.

Depuis quatre jours, il croise ses deux bras, bien serrés l'un en dessous de l'autre et dit NON!
Depuis quatre jours, l'imprimante de la maison chauffe et les blogs de mes « copines du net » s'ouvrent et se referment plusieurs fois dans la journée après l'enregistrement de jeux, d'exercices et des divers choses à fabriquer.
Rémi fêtera ses 4 ans dans un peu plus de trois mois et je crois qu'il est temps de commencer à travailler à la maison pour l'aider à dépasser cette faiblesse qu'il traîne et qui l'empêche d'avancer.

Je te remercie Elsa pour tous tes conseils (même si je ne suis pas totalement d'accord avec tes propos) et ton infinie patience avec moi et mes grandes questions. Je remercie aussi Laurence, la maman de Sixtine pour tout le temps qu'elle me consacre aussi. Il me tarde que ma « vieille amie » retrouve une connexion internet pour que je puisse ouvrir les mails qu'elle m'a promis pour découvrir les tas d'activités qu'elle a réunies au fil des années passées à bosser l'école à la maison pour ses quatre enfants... Juste le temps pour moi, d'apprivoiser et organiser tout ce travail et surtout, essayer de trouver les clefs aux questions que je me pose aujourd'hui, à propos du fonctionnement de Rémi.

vendredi 5 février 2010

Se relever

Voilà, je crois que la page peut être tournée. Je crois que je peux écrire sur celle ci, l'ordinaire de nos vies. Un peu d'excitation aussi, beaucoup même chez Rémi. Je peux le comparer, sans exagérer à un lion enfermé depuis trop longtemps qu'on vient de relâcher. Il y a son papa qui dit que ça va maintenant, que « c'est passé » et moi qui ressent un énorme besoin de me retrouver.

Rémi est allé chez le coiffeur: « Ca'o'ine coupé e-eu a Momi » «  Momi to beau !!! »
Après le goûter, il a voulu sortir. Je l'ai bien habillé, je lui ai demandé cent cinquante fois d'aller moins vite sur son vélo et de faire très attention lorsqu'il courrait. J'ai besoin de tranquillité, au moins pour un petit moment.
Mercredi, il faudra retourner voir l'appareilleur pour un nouveau corset, refaire un moulage, parce que l'autre est devenu contre indiqué maintenant qu'il est affiché « Épilepsie ». Il y a une prise de sang et des visites de contrôles très bientôt à glisser entre les autres RDV habituels... Je sais que le repos n'est pas forcement celui que j'attends mais qu'importe, les vacances sont là. Pour lui, ce week end sera hors d'ici, deux jours d'évasion à s'occuper rien que de sa passion et Ma grande fille qui vient passer du temps rien qu'avec Rémi et moi. J'ai envie d'un ciné, entre filles samedi soir. Après il y a lundi... Mais lundi on verra.

jeudi 28 janvier 2010

Des cordes pour s'endormir

Il vient souvent se poser juste en face de moi sur le canapé, pour écouter les cordes bouger aux sons des notes que j'essaie de jouer. Je ne pense pas exagérer en disant qu'à chaque fois, il fini par s'endormir. Je crois que j'aime bien ça.
Aujourd'hui, c'est mon petit garçon et ses 39° qui se sont allongés à mes côtés. Envie de m'évader loin des virus, des idées sottes et du stress qui commence à me grignoter. J'ai pris ma guitare et j'ai dit à Rémi qu'il pouvait m'écouter, se reposer et surtout me laisser jouer. Je crois que j'ai commencé juste quand le niveau de température était monté au cran que je redoute le plus, celui qui le transforme en pile électrique. Il s'est allongé et dans le silence de la maison, je me suis appliquée à me concentrer sur le ton et j'ai entendu mon corps me dire où était ses tensions.
Très vite, sa respiration m'a indiqué que le sommeil l'avait gagné. Sommeil fragile et dérangé à chaque page tournée, alors j'ai joué encore et encore les mêmes notes, de moins en moins vite, de moins en moins fort... Il s'est endormi et j'ai souri au tableau qui s'offrait à moi et au doux souvenir de son papa.

mercredi 20 janvier 2010

Téléphone

Leur souvenir n'est pas très loin et pourtant, ça faisait si longtemps que je n'avais pas pleuré pour cette raison là. Je croyais m'être blindée, je pensais même parfois que finalement, je faisais partie de ces mamans si courageuses ou encore que son trésor de papa avait enfin déteint sur moi.

Cet après midi, j'ai regardé le calendrier, j'ai pensé que le corset devait être prêt et à cette maman qui m'a parlé de motifs à choisir.
Cet après midi, sa marraine m'a demandé des nouvelles, je lui ai dit que justement, nous les attendions ...
Ce soir, le téléphone a sonné, c'est moi qui ai décroché. Une dame m'annonçait que le corset était prêt. Elle m'a demandé si demain matin nous pouvions venir faire des essayages. J'ai bafouillé et je l'ai remercié.

Demain, c'est son papa qui l'emmènera et j'espère tout au fond je crois, que le corset retourne chez le fabricant pour des réglages, encore et encore...
Je pleure... Mes larmes reviennent me secouer, mon menton se met à trembler dès que son image se dessine dans mes pensées, dès que je devine ce que sera sa vie de petit garçon après, je pleure... Je pleure sans doute comme toutes les mamans de la planète face à cette nouveauté. Enfin je l'espère. Je ne veux pas savoir qu'il en existe de ces mamans, celles qui savent, celles qui assurent, celles qui "verront bien" parce que moi, je ne sais pas.

mardi 1 décembre 2009

Sous le sapin (2)

Deux sites que j'ai retenus que vous trouverez en cliquant sur les images.

Théâtre et marionnettes à doigts

Marionnettes à mains

dimanche 22 novembre 2009

Sous le sapin

Avec le sourire de la petite fille qui habite mon âme, je me pose en face de l'écran de mon ordinateur, pour écrire ce billet... de Noël.

Une envie soudaine de dîner au restaurant, un mari toujours partant et deux enfants très heureux de partager ce moment avec nous:
«  Momi to-an. Momi glame » (Rémi restaurant, Rémi glace...)
Il ne savait pas encore dans quel genre de restaurant nous irions, mais qu'importe, tant qu'il y aurait de la glace au dessert, il était heureux.
C'était le chemin qui a mené droit à cette brillante idée qui est née au moment où Leia a demandé:
« Oh! Vincent, tu me montres comment tu as fait la marionnette lapin avec la serviette de Rémi ?»

J'ai retrouvé dans leurs yeux brillants les souvenirs merveilleux de mes voyages au pays de l'imaginaire...

Le thème de Noël est trouvé. Sous le sapin cette année, Rémi rencontrera des personnages, des animaux avec leurs histoires qui grandiront au fil des jours et des années. Cette idée là est encore plus sublime quand je pense à nos autres enfants qui sauront partager avec lui, leur imagination de petite fille pas si loin que ça.

Il reste à trouver les sujets: Familles, animaux, marionnettes à doigts ou marionnettes à main... un mélange serait peut être judicieux, Rémi nous soufflerait ses préférences plus tard, pour compléter la collection...

j'ai trouvé ce lien (J'adore!!! Penser à mettre le son!), il y a même des vêtements pour les changer!!!
et ce lien:

...et si j'étais un peu couturière, je lui ferais un joli théâtre de porte... Mais comme je ne sais même pas coudre un bouton sur un chemisier, je vais chercher sur l'outil le plus merveilleux du monde pour ça: Internet...

mardi 17 novembre 2009

Séparation

Sa petite main a ouvert la grille de l'entrée... Il m'avait raconté le rituel du matin, celui que je ne vois pas parce que derrière la porte de la maison, ils partent rien que tous les deux, sur le chemin de l'école.

Lorsque j'ai croisé mon petit garçon dans le couloir qui mène à sa chambre, après le bonjour, le bisou, le: « Momi éveillé », la chaleur de son corps à peine sortie de dessous la couette contre moi et le « Momi vavoi papa », je lui ai expliqué qu'il était parti pour son travail. « papa a-ion à on ». Il s'est souvenu que la dernière fois nous lui avions expliqué que c'était à Londres qu'il était et qu'il avait pris l'avion pour y aller.

Je me souviens avoir senti une petite pointe piquante surprendre mes jambes et mon ventre lorsque nous sommes arrivés devant le bâtiment et c'est en regardant le pas bien décidé de mon petit garçon et en repensant à tous les mots qui s'étaient dits sur le sujet entre son papa et moi que j'ai balayé cette inquiétude qui vient me dévorer lors de la séparation. J'ai « écouté » Rémi. J'ai entendu son envie de retrouver Nicole. Je l'ai vu sourire lorsqu'il l'a reconnue derrière la fenêtre de la classe. Son pas s'est pressé, je l'ai suivi et j'ai reconnu l'instant où il fallait lui dire au revoir. Je crois que mon sourire était sincère tout comme le signe de la main que j'ai donné à Nicole de l'autre côté de la vitre.

Je me souviens avoir gardé ce sourire là longtemps sur le chemin qui mène à la maison. J'ai pensé à mes filles. Jamais je n'avais connu cette plénitude juste après les avoir déposées à l'école. J'étais très souvent soucieuse de leur bien-être et je n'entendais que le manque qui nous liait durant cette séparation. Aujourd'hui, je suis heureuse de le laisser avec eux: ses copains, ses copines, sa maîtresse et Nicole. Je crois que Nicole aime beaucoup Rémi. C'est ce que me disent son sourire à elle et ses yeux lorsque je les croise.

Je ne sais pas vraiment pourquoi séparation a rimé avec abandon durant toutes ces années dans mon âme et dans mon corps, j'en ai une vague idée et je tiens à rétablir la vérité. Maintenant, je préfère me dire que j'ai deux heures pour moi ce matin plutôt que deux heures sans lui parce que j'ai appris ce que signifiait le mot retrouver.

Un sourire « con » comme celui que j'ai ramené ce matin avec moi de l'école, je crois que c'est le même que celui que j'ai lorsque je suis amoureuse. Celui qui trahit l'abondance d'être deux, même séparés et la grâce d'être soi.

Je suis rentrée à la maison et j'ai laissé le silence me prendre mes pensées. J'ai enfilé mes bottes et je suis partie une demi heure dans le pré à côté de nos chevaux. Je leur ai raconté un peu comme je les trouvais tellement chouettes et que ce matin je n'avais pas peur d'être avec eux. Je leur ai apporté du foin. En rentrant, l'aspirateur a bien essayé de me piéger, je lui ai promis de ne pas l'oublier mais que là maintenant c'est de moi que j'allais m'occuper...