Il vient souvent se poser juste en face de moi sur le canapé, pour écouter les cordes bouger aux sons des notes que j'essaie de jouer. Je ne pense pas exagérer en disant qu'à chaque fois, il fini par s'endormir. Je crois que j'aime bien ça.
Aujourd'hui, c'est mon petit garçon et ses 39° qui se sont allongés à mes côtés. Envie de m'évader loin des virus, des idées sottes et du stress qui commence à me grignoter. J'ai pris ma guitare et j'ai dit à Rémi qu'il pouvait m'écouter, se reposer et surtout me laisser jouer. Je crois que j'ai commencé juste quand le niveau de température était monté au cran que je redoute le plus, celui qui le transforme en pile électrique. Il s'est allongé et dans le silence de la maison, je me suis appliquée à me concentrer sur le ton et j'ai entendu mon corps me dire où était ses tensions.
Très vite, sa respiration m'a indiqué que le sommeil l'avait gagné. Sommeil fragile et dérangé à chaque page tournée, alors j'ai joué encore et encore les mêmes notes, de moins en moins vite, de moins en moins fort... Il s'est endormi et j'ai souri au tableau qui s'offrait à moi et au doux souvenir de son papa.