Remilou

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 25 juin 2009

Carnet de vacances

Un nouveau feuillet, un carnet pour les vacances.. Chaque matin commence une journée qu'elle veut garder ici et sur le grand cahier, celui des vacances de Rémi. Il pourra y retrouver les souvenirs d'un jour: Une aventure, un événement, un étonnement. Les émotions ou les nouvelles rencontres.

Les soldes ont commencé. Hier, elle n'a pas pu lui résister et Monsieur B était bien d'accord pour cette idée. Une balancelle dans le grand jardin. Elle a trouvé sa place, juste sous le vieux pommier. Un délice, un régal que Madame B savoure par ci par là, le temps du dessert, de la pause café ou bien juste pour écouter les oiseaux, une petite sieste. Allongée ou assise au rythme d'un balancement tout doux:
« Leia ce n'est pas une balançoire! »
pour Rémi c'est l'occasion de retrouver un bout de sensation qu'il avait découvert sur le portique des voisins. Depuis hier après midi, lorsque Madame B cherche son petit garçon, elle sait où regarder en tout premier..

Ses sœurs arriveront, pas toutes ensembles, pendant les deux mois qui arrivent, il en verra arriver puis d'autres repartir. Un grand voyage est prévu aussi. Il faudra traverser toute la France. Il y aura même une piscine. Ça aussi il ne faudra pas oublier de l'inscrire sur son petit cahier des souvenirs de vacances, l'été de ses trois ans.

Il ne faudra pas oublier l'appétit de l'apprenti lecteur. Le mot balancelle sera écrit au feutre noir et illustré avec une photo du petit garçon assis confortablement, regardant chaque mouvement comme le meilleur des cadeaux. Dessiner une météo, celle du jour et puis... Et puis...
Il faudra vraiment y réfléchir, le temps qu'il reste avant les prochaines courses. Le temps d'acheter le grand cahier de ses vacances.

lundi 22 juin 2009

Petite adolescence

Madame B s'approche du petit corps encore endormi. Juste les yeux ont repris de l'activité. Un peu le sourire aussi. Elle ne veut surtout pas négliger ce moment là, même si parfois, la pendule lui crie que l'heure d'un RDV approche ou s'il faut remettre à plus tard les quelques tâches ménagères inachevées. Elle ne veut surtout pas perdre l'instant le plus doux de sa journée, les minutes clef, celles qui sauront lui donner toute la force pour affronter le terrible petit monstre qui sommeille encore en lui à cet instant précis. Un affreux bonhomme sorti tout droit de ses trois ans. Un bonhomme qui proteste très fort dès qu'il entend: « non! » Que ce soit pour son bien ou pour plus tard, ce « non » ça ne lui plaît pas et il le fait savoir à toutes les personnes qui essaient de le prononcer. Avec plus ou moins d'intensité, il faut bien l'avouer, mais le « non » aura toujours comme réponse des cris pour s'opposer, marquer une frustration beaucoup trop grande pour rester coincée là. Même les négociations maintenant connaissent les échecs. Tout seul, tel est sa devise, même si c'est impossible ou interdit. Alors forcément, l'humeur du petit monstre venu d'ailleurs rend Madame B, un peu tendue, grognon...un peu perdue.

Elle savoure chaque rayon de soleil pour l'aider à trouver du réconfort lors des turbulences. Lorsque qu'il hurle qu'il est le plus malheureux des gourmands de la terre entière car ici on lui parle de dernier gâteau pour la journée. Elle sait aussi que juste après cette vague de larmes, il saura se faire le plus généreux des petits garçons . Deux pommes: une pour sa maman et une pour lui, en échange du mot qu'il aime entendre, son préféré en ce moment: partage.
Et puis vient l'heure du coucher. Le plus sucré. Là, il faut absolument ranger au vestiaire, tous les tracas de la journée avant de monter déposer le dernier baiser, celui qui précède le « bonne nuit mon loulou » Parce que pour endormir le monstre venu d'ailleurs, il faudra beaucoup de chaleur et, si « tout le vrai du cœur » remplit la chambre du petit, elle retrouvera juste ici, ses yeux plein d'amour, ses yeux rieurs et des joues toutes douces qui attendent le bisou de bonne nuit...

lundi 15 juin 2009

Lecture en musique

Un instant à savourer particulièrement les matins orageux. Pour calmer la foudre, un CD que Rémi affectionne, l'inviter à la lecture d'un livre et la magie ne tarde pas à opérer... Savourer sans se faire remarquer et surtout profiter de cette accalmie pour préparer le déjeuner...

lundi 8 juin 2009

Promener

Au courrier de ce matin, Madame B a reçu un rappel pour prendre RDV avec la psychomotricienne du CAMSP. Elle avait vu Rémi la semaine juste avant et toutes les deux étaient d'accord sur le fait qu'il avait besoin d'un petit coup de pouce pour se remettre de sa fracture. Elles pensaient qu'une visite, une fois par semaine pouvait faire l'affaire.
Monsieur B n'a pas compris alors, lorsque Madame B lui annonce que la lettre voulait qu'elle fixe les RDV afin d' aider Rémi à remarcher.

Une invitation des voisins à finir les restes, dans leur jardin, du pique nique qu'ils avaient fait l'après midi ensemble. C'était un dimanche. Rémi s'était amusé comme un fou avec le toboggan. Monter les marches de l'échelle, s'asseoir et se laisser glisser. Sur le ventre ou sur les fesses, qu'importe. Rémi en voulait encore et encore. Madame B et Monsieur B se relayaient pour assister leur champion.
Parfois il s'arrêtait et demandait à son papa de l'installer sur la balançoire. Madame B avait beaucoup pensé à Philippe, en voyant Rémi défier l'apesanteur, rire aux éclats et se régaler, la tête penchée au sol, soumis aux sensations les plus fortes, il a réussi à apprivoiser son ennemi. Pari gagné. Les larmes dans la gorge, Madame B laisse échapper quelques mots à sa voisine sur les souvenirs de cette période. Très vite elle se tait, parce qu'elle sait que cette aventure là, personne ne peut vraiment la sentir sans en connaître véritablement les sens et puis, Rémi n'est plus... N'est pas un petit garçon qu'on doit regarder comme une victime, un handicapé. Mais plutôt se taire pour en admirer toute l'énergie et la volonté qu'il développe depuis qu'il est né.

Le lundi, en fin de matinée. Madame B est certaine que c'est pendant cette soirée, que sa jambe s'est "dérouillée", qu'il a cédé à l'appréhension. Tout seul. Fidèle à son caractère, sa force et sa patience.
« On sort Capi ? »
Rémi, sur ses deux jambes, le sourire affiché annonce fièrement qu'il veut se promener:
« momener ! » Et c'est comme ça qu'il est reparti. Sur le chemin du petit chien, Rémi a marché seul en claironnant à qui voulait l'entendre:
« Momi-momener !!! »

Madame B prendra le téléphone pour s'excuser de se rétracter. Rémi marche!