Écrire les pages d'un nouveau livre. Devoir tout recommencer. Composer des repas pour trois et demi, s'organiser des journées pas compliquées et en profiter. Réapprendre à vivre, cette fois comme une petite famille. Sous un même toit, passer de sept à quatre, ça laisse de la place. « Ça va, vous ne vous ennuyez pas ? » «  C'est plus calme » a répondu Monsieur B à la question posée.

Hier, Madame B a profité de la sieste de son petit garçon pour passer du temps avec sa jeune pouliche. L'éduquer, apprendre avec elle. Son cœur s'inonde de joie, c'est presque instantané lorsqu'à peine arrivée dans le pré Tylwyth lève la tête pour observer « l'homme » et à l'appel de son nom la regarder venir tranquillement, d'un pas nonchalant. Une complicité entre elles deux se construit, petit à petit, depuis maintenant six mois.

Le soir venu, c'est au tour de Monsieur B, cette fois avec son ami Sirano: "Une petite promenade en chariot, ça vous dit ?"

Leia et Rémi profitent du bain de fin de journée pour se rafraîchir de leur après midi ensoleillée à découvrir les trésors qu'offre la campagne « Maman vient voir un bébé couleuvre mort ». Monter et descendre en vélo toute une rue, défier la vitesse et s'enivrer de sensations « être la plus forte ». Les deux petits poissons se sont frottés avec le savon et sont sortis du bain, essuyés et habillés « Tu mets Rémi en pyjama ? Moi je préfère m'habiller. »

Monsieur B prépare l'attelage alors pendant ce temps là, un dîner pour Rémi, déjà tout prêt, il commence à réclamer quelque chose à grignoter. Pendant la balade en petite famille recomposée, « découpée », chamboulée depuis ces dernières années, Madame B regarde ce qu'elle est en train de voir comme un tableau accroché sur un mur d'une exposition qu'elle vient visiter ou bien dans une vitrine qui donne envie de s'arrêter de se poser là, s'imprégner des personnes pour « entrer », imaginer leurs histoires. Au détour d'une ballade, regarder par la fenêtre la vie des autres. Pas besoin ce soir, car ce sont eux les personnes de ce moment.

Les petits lampadaires du village ce sont allumés, la nuit est tombée, il faut rentrer... Trois marches d'escalier à monter avant d'ouvrir la porte d'entrée. La joie d'une journée ensoleillée, d'enfants enjoués est terminée. Madame B un peu fragile ce soir, rentre à la maison avec ses deux petits. Ses trois grandes filles ont laissé un peu de vide, son cœur lui a rappelé en regardant le tableau d'une petite famille heureuse continuant, comme le fait le petit cours d'eau du ruisseau rempli de cailloux plus ou moins gros à contourner, qu'importe le chemin, l'eau y coule, toujours claire et belle sur sa route....

De petite famille recomposée, « découpée », chamboulée depuis ces dernières années.