C'est nouveau et coïncide avec l'arrêt de l'allaitement. C'est pour compenser déclare Monsieur B qui ne s'en étonne absolument pas. C'est vrai que matin, midi et soir depuis plusieurs mois, Madame B passait à chaque fois une vingtaine de minutes collée à son petit garçon. Tous les deux s'enivrant d'odeurs, de caresses et de chaleur de l'un et de l'autre. S'arrêter de téter, de s'alimenter directement à la source c'est aussi repartir à zéro dans ses repères...

Madame B se souvient encore de ce vide pas si loin que ça. Elle le comparait à ce mal-être qui survient après la naissance d'un bébé, celui que l'on nomme « baby blues » et qui exprime une certaine appréhension à devenir maman... Là au contraire, c'était plutôt l'inverse... Redevenir femme prioritairement et pouvoir assumer les responsabilités de son corps, qui depuis trois ans s'était rempli de plusieurs kilos et il fallait cette fois-ci s'en occuper. Plus aucune excuse!

Complètement déroutée, Madame B n'a pas su écouter ses vrais besoins et a pris cet arrêt d'allaitement pour un détachement. Toute la journée, Rémi entendait: « attends, pas tout de suite, j'ai pas le temps, mais qu'est ce que tu as ? J'ai pas envie... » Les jours se terminaient par un petit garçon bien grognon.

Depuis quelques jours, il s'installe sur les genoux de Madame B. Tout autour de son cou elle sent l'étreinte des bras de son petit garçon. Toute la chaleur enfouie, frustrée est remontée à la surface. Comme ça sent bon les câlins de son bébé! Comme c'est doux, aussi doux que le petit ourson pour s'endormir, blotti dans ses bras, plus rien n'existe: Juste lui et moi...

Madame B est très étonnée de cette nouveauté et son sourire illumine son visage à chaque fois qu'il y revient... De plus en plus souvent, ça devient presque une habitude. Madame B aura seulement senti hier, la signification réelle et le plaisir que cela lui procure ainsi que le besoin vital d'une relation mère-enfant qui n'a QUE deux ans malgré ses 99cm et ses 17kg....