Remilou

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samedi 28 juin 2008

Des mains pour parler

Des signes, Rémi en connaît maintenant plus de vingt. Toute la maisonnée est toujours aussi motivée pour l'accompagner dans cette découverte, ce mode de communication. Sa soeur Leia profite de la sortie du petit lapin « Mousse » pour lui montrer le signe. Rémi imite, Rémi s'amuse...

Madame B est fascinée de voir son petit garçon, non seulement reproduire les signes pour s'exprimer ou amuser son petit monde, mais surtout quand elle découvre ce que Rémi en fait... Elle n'aurait pas imaginé...

Pourtant elle sait qu'un enfant peut et veut tout apprendre à cet âge là, elle ne devrait pas être étonnée, peut être est-elle encore imprégnée, de ce fichu sentiment négatif envers son fils... En tout cas, elle est heureuse Rémi signe malgré les difficultés qu'il peut rencontrer avec la coordination et il a réellement trouvé un moyen de communication par ce biais.

Ce qui caractérise l'enfant, c'est sa faculté d'aller le plus loin possible dans sa découverte, s'il s'en amuse vraiment, il va encore et encore plus loin. Jusqu'à ouvrir la porte d'étonnants mystères.

Madame B se souvient comme elle avait été amusée par l'une de ses filles lorsqu'un jour elle voulait descendre de sa chaise haute toute seule. Madame B lui avait demandé ce qu'elle était entrain de faire, sa fille lui avait répondu naturellement qu'elle voulait « dégrimper » de sa chaise. Elle avait trouvé ça très juste et s'était demandé pourquoi se mot là n'existait pas dans le dictionnaire. Rémi est un petit garçon qui arrive au même âge que sa soeur, il apprend à s'exprimer avec les signes et malgré la différence de mode de communication, il en induit les mêmes conclusions qu'un enfant qui apprend à parler oralement.

Rémi signe coccinelle et quand il voit une mouche, il reproduit le geste, pas tout à fait le même mais juste assez pour dire (petite bestiole) et ça ! ... Madame B impressionnée, fascinée, se dit que vraiment, les tous petits sont de véritables génies et que leur analyse est vraiment fantastique. En profiter à chaque jour qui passe, voilà ce qu'elle a envie de faire avec son petit bonhomme à l'appétit d'ogre devant tant de découvertes.

lundi 23 juin 2008

Chez marraine

Madame B avait envie d'aller discuter avec son amie. Prendre toute une après midi dans la semaine, Rémi se réveillait vers 11h le matin ces derniers temps, les siestes étaient alors très courtes, autant profiter de l'heure en voiture qu'il fallait faire pour le repos: A l'aller ou au retour, cela suffirait et Madame B pourrait enfin passer la moitié de la journée à bavarder.

C'était important qu'il soit présent ce jour là car l'amie de Madame B c'est aussi la marraine de Rémi et y aller en semaine était une occasion de partager des moments avec elle et de jouer avec les jeunes enfants qu'elle gardait. Le temps s'était enfin décidé à se mettre au sec. Super! Il faut y aller... C'était vendredi de la semaine dernière...

Madame B était rentrée heureuse, la route était agréable, son petit garçon assis dans son siège auto, très sage a regardé le paysage tout le long du trajet sans même rouspéter et au retour, tout le monde l'aurait parié, à peine sorti du village, il était déjà, les yeux fermés, à laisser le sommeil le gagner...

Le sourire aux lèvres, elle repense à ces quelques heures passées avec son amie et revoit Rémi, jouer, observer, profiter de toutes ces nouveautés. Le soir venu, elle raconte un peu de sa journée à Monsieur B mais pas tout, des bavardages de filles ne se rapportent pas à son mari, non, juste les banalités, les nouvelles de la maisonnée et surtout les exploits du cher fiston.

A la fin de la discussion, elle promet d'y retourner très vite et déclare qu'il ne faut pas oublier, s'oublier dans le flot de ces jours bien trop souvent rythmés par la routine et les obligations. Rémi a besoin de petits camarades de son âge, de personnes différentes de papa et maman pour découvrir le monde extérieur, la garderie ne plaît absolument pas à Monsieur et Madame B, chez marraine c'est juste comme il faut, une sorte de passerelle entre le monde « intérieur » et celui de l'extérieur. Tout doucement, sans mal, sans heurt...

jeudi 19 juin 2008

Tout doux...

C'est nouveau et coïncide avec l'arrêt de l'allaitement. C'est pour compenser déclare Monsieur B qui ne s'en étonne absolument pas. C'est vrai que matin, midi et soir depuis plusieurs mois, Madame B passait à chaque fois une vingtaine de minutes collée à son petit garçon. Tous les deux s'enivrant d'odeurs, de caresses et de chaleur de l'un et de l'autre. S'arrêter de téter, de s'alimenter directement à la source c'est aussi repartir à zéro dans ses repères...

Madame B se souvient encore de ce vide pas si loin que ça. Elle le comparait à ce mal-être qui survient après la naissance d'un bébé, celui que l'on nomme « baby blues » et qui exprime une certaine appréhension à devenir maman... Là au contraire, c'était plutôt l'inverse... Redevenir femme prioritairement et pouvoir assumer les responsabilités de son corps, qui depuis trois ans s'était rempli de plusieurs kilos et il fallait cette fois-ci s'en occuper. Plus aucune excuse!

Complètement déroutée, Madame B n'a pas su écouter ses vrais besoins et a pris cet arrêt d'allaitement pour un détachement. Toute la journée, Rémi entendait: « attends, pas tout de suite, j'ai pas le temps, mais qu'est ce que tu as ? J'ai pas envie... » Les jours se terminaient par un petit garçon bien grognon.

Depuis quelques jours, il s'installe sur les genoux de Madame B. Tout autour de son cou elle sent l'étreinte des bras de son petit garçon. Toute la chaleur enfouie, frustrée est remontée à la surface. Comme ça sent bon les câlins de son bébé! Comme c'est doux, aussi doux que le petit ourson pour s'endormir, blotti dans ses bras, plus rien n'existe: Juste lui et moi...

Madame B est très étonnée de cette nouveauté et son sourire illumine son visage à chaque fois qu'il y revient... De plus en plus souvent, ça devient presque une habitude. Madame B aura seulement senti hier, la signification réelle et le plaisir que cela lui procure ainsi que le besoin vital d'une relation mère-enfant qui n'a QUE deux ans malgré ses 99cm et ses 17kg....

vendredi 13 juin 2008

Visite au CAMSP

Madame B et Rémi partent en voiture pour toute la matinée. Monsieur B travaille et préfère, il faut le dire, laisser ce moment entre mère et fils et ce n'est pas plus mal. C'est Madame B qui a voulu continuer, elle en a besoin aussi. S'épancher, poser des tas de questions pour se rassurer, voilà qui est bien, voilà qui est fait. Ce sont des moments bien fatiguants, pas physiquement mais le côté « questionnement-remise en cause »... Ça c'est difficile, ça c'est épuisant.

Madame B a beaucoup discuté, elle veut avancer, évoluer pour son bien être et celui de la famille mais surtout pour son petit garçon, celui qu'elle a mis au monde il y a deux ans... Elle pense beaucoup Madame B depuis hier... Des mots tourbillonnent dans sa tête, ses souvenirs remontent à la surface. Pas d'un coup, non... Juste par petits morceaux, pour ne pas faire mal, pour ne pas ré-ouvrir une cicatrice encore fragile et puis sans doute aussi pour bien comprendre, analyser tous les instants vécus il y a deux ans...

Il y a deux ans, un homme en blouse blanche avait lancé une monstruosité en pleine figure à Madame B. Elle était enceinte, prête à accoucher car il le fallait, Rémi avait trop grossi, trop grandi et ses reins étaient trop gros pour le laisser dans sa petite bulle, en toute sécurité... Il fallait le faire venir alors que pendant des semaines et des semaines Madame B était restée couchée, pas toujours sagement, mais le plus sérieusement possible, elle restait allongée pour le garder bien au chaud et d'un seul coup, lors d'une visite de contrôle ( 36ème semaines ), il faut TOUT stopper, s'arrêter de couver, laisser sortir son bébé, le délivrer car il y a quelque chose, personne ne sait quoi, mais quelque chose qui ne va pas... Le jeune homme en blouse blanche devait être plus fort que le médecin de Madame B car lui savait , lui a dit, a jeté... Pendant un monitoring, des contractions douloureuses et une nuit blanche...

« Quand un bébé a une grosse tête comme celle là, très souvent il n'y a rien dedans... »

...

Deux ans après, Madame B le raconte encore, la gorge serrée, elle le dit comme elle l'a entendu car Monsieur B n'est pas tout à fait certain d'avoir entendu la même chose, mais peu importe, Madame B elle, rumine et surtout elle empoisonne toute son attitude vis à vis de son fils avec ce souvenir.

Aucun être humain ne peut se développer harmonieusement dans de telles conditions. Sur une «échelle de développement», qu'il soit au milieu, en haut ou en bas: N'est ce pas le rôle des parents d'accompagner leur enfant sur le chemin de la vie avec toutes leurs croyances en lui et non pas remplis de doutes et de pensées négatives ?

Assise en face de la jeune femme aux airs très « professionnels » elle s'aperçoit de son effroyable bêtise... Elle voit passer sa propre image, comme dans un miroir elle reconnaît cette femme qu'elle est. Elle se rend compte que pour Rémi, elle n'a jamais raconté sa grossesse, son accouchement, sa rencontre avec son petit homme. Tous les détails qu'elle adorait raconter à ses amies avec ses autres enfants, la mise au sein, le premier regard, le premier petit déjeuner en tête à tête avec le tout nouveau papa, personne n'a entendu Madame B le retracer....

Assise en face de cette « professionnelle » aux airs de jeune femme, Madame B est abasourdie, elle veut rentrer, faire le vide, ne pas en parler avec Monsieur B tout de suite, juste digérer cette remontée aux souvenirs...

Avant d'aller se coucher, Madame B entre dans la chambre de son bébé endormi. Tout doucement elle lui donne un baiser, un vrai, celui d'une maman très fière de son fils. Elle le regarde avec des yeux presque d'envie, son courage cet acharnement à vouloir réussir, trouver sa place, à contrôler les gestes, les rendre léger pour atteindre son but, celui qu'il s'est fixé: Bouger les mains, les doigts et marcher. Essayer de courir et de sauter. Elle se souvient quand elle l'a vu monter sur le tronc du saule dans le jardin, Monsieur B s'était écrié « Regarde Catherine! As tu vu comme il est descendu ? Il est trop fort notre petit garçon... » Plusieurs fois par jour, avec un grand sourire, un sourire très satisfait, il tend ses jambes et les relâche sur la pointe des pieds car il a compris qu'en persévérant encore et encore, il pouvait faire quelque chose de super. Madame B sait que Rémi voudrait sauter et courir, elle ne doute plus, il y parviendra, il a réussit tellement de choses depuis maintenant deux ans.

mardi 10 juin 2008

Trois

Rémi sait ce que deux veut dire. Depuis quelques temps déjà il connaît cette notion. C'est très fièrement qu'il donne les deux allume-feux que Madame B demande pour brûler le bois de la cuisinière. Aujourd'hui, Rémi est motivé, plein d'énergie alors elle veut en profiter pour lui apprendre le trois.

Un, deux... TROIS!

Rémi sourit, il a compris et du haut de ses deux ans, il recommence le geste de Madame B, il remplit les petits pots de verre avec les trois petites briques qu'il aime tant manipuler.

Un, deux... TROIS, il s'amuse avec les nombres et expérimente tout seul. Assis sur le sol de la cuisine, il vide les récipients, les remplit à nouveaux, regarde dans les pots, sourit et ... Encore il les retire. Parfois juste un seul: Pour voir ce qu'il reste à l'intérieur. C'est amusant, Madame B applaudit ses découvertes.

lundi 9 juin 2008

Bûcheron

Madame B s'enivre de ce regard là. Elle l'aime, elle l'adore! C'est celui de son petit garçon quand une chose l'intéresse, le passionne. Captivé par le geste, le bruit et les formes il n'en perd pas une miette. Le corps immobile, Rémi ferme sa bulle, RIEN absolument RIEN ne peut le déranger quand il est comme ça ...Et alors, quand en plus c'est papa l'artiste...voilà ce que cela donne:

Est ce déjà la marque d'un pur petit garçon que Madame B est en train d'admirer là ? Comprendre et surtout refaire tout ce qui est « fonction ». Rémi se passionne vraiment de ça et ce soir, c'est devant Monsieur B qu'il est assis, sur une marche de l'escalier qui descend vers la grange, là où le bois est déposé, empilé, et découpé. A la tronçonneuse d'abord puis placé sur le billot, c'est au tour de la hache de travailler. Le bois est enfin déposé dans un panier puis ramené vers la cuisinière à bois. Madame B a préparé le repas tout l'hiver comme ça. Elle profite de ce sale temps pour grappiller encore quelques repas chauffés au feu de bois. Après, il fera trop chaud et le gaz prendra sans doute le relais. Mais en attendant, Rémi a eu le temps d'observer Monsieur et Madame B, il est grand maintenant et il veut tout faire comme eux, surtout s'occuper du bois, du feu. Il faut le surveiller constamment.

Dans le panier, Rémi prend une bûche et avec sa tronçonneuse, cadeau d'anniversaire, il essaie de reproduire les mêmes gestes qu'il a vu dans la grange. Rémi tape, tape. Tape très fort deux morceaux de bois ensemble. Depuis trois jours qu'il le fait et ce soir, Madame B l'a demandé à Monsieur B...

« La confection d'une hache pour son petit bûcheron. »

vendredi 6 juin 2008

Signer

Rémi ne parle pas. Madame B espère parfois, quand Rémi chante « maman, maman, mamaman.. » Toute la journée... « donne-donne-donne » le lendemain... Puis plus rien! Personne ne peut expliquer pourquoi, alors on dit que c'est à cause de l'hypotonie musculaire. C'est vrai que Rémi commence seulement à vraiment exprimer quelques émotions avec le visage ( petite bouille très triste et boudeuse ) Cela amuse beaucoup Madame B d'ailleurs. Rémi souffle dans son verre, il y fait des bulles, la flûte crie fort aussi à la maison depuis deux ou trois jours. Le sourire de Monsieur et Madame B est celui d'espoir en écoutant les sons, en regardant leur fils vivre sa vie de petit garçon de deux ans...

Se mordre, à la moindre contrariété: Croque! Craque! La petite main, la table, la joue de maman. ... Monsieur et Madame B, spectateurs de ces gestes emplis de frustration, de douleur et de non-dit cherchent des solutions et finissent, ils l'avouent par fermer un peu les yeux, tourner la tête, éviter de voir pour ne plus souffrir tout au fond de leur cœur, le cœur d'un papa et une maman complètement impuissants devant un tel combat...

Et puis... Et puis, Madame B se promène sur le net, cherchant des solutions mais aussi des récits qui pourront la rassurer « Mon enfant n'a parlé qu'à 30 mois, à 3 ans »... Il y en a plein des histoires comme ça et puis... Et puis, il y a aussi des groupes de mamans qui parlent de signer, très jeune, avant un an! Elle n'aime pas cette idée là, elle le sait, ça existe mais ne veut pas de ça pour son fils... Et puis... Et puis, elle y retourne et se dit: Pourquoi pas essayer, juste un ou deux gestes, après tout, Rémi signe au revoir, les marionnettes et merci juste pour amuser la galerie alors pourquoi pas signer rien que pour lui...

Encore! Voilà Madame B qui montre de ses mains comment « dire » : Encore... Très vite suivi de: Pomme... cheval... yaourt... Petit pot... Gâteau... Rémi adore, Rémi réclame, Rémi en veut encore et encore car il a compris ce que cela pouvait signifier pour lui, il a senti qu'une barrière était levée et Rémi...

NE SE MORD PLUS ...

Très vite les parents et les sœurs de Rémi s'emballent devant une telle réussite et devant l'enthousiasme et la rapidité d'apprentissage de « l'apprenti-signeur » Et encore moins attendu: Rémi associe signe et parole: Avec une main, index levé, de haut en bas il signe: A-SSIS à Capi, le petit chien de la maison et dit : (AA—on). Madame B a commandé le livre, elle l'attend, elle espère le voir dans la boite aux lettres ce matin ou peut être demain.

jeudi 5 juin 2008

Julie

Elle n'a pas encore 17 ans, elle les fêtera le mois prochain, elle s'appelle Julie. C'est la fille aînée de Madame B, son tout premier bébé. Première fois maman et première étincelle dans le regard d'un papy-Lili tenant sa toute première petite fille dans les bras... Madame B ne l'oubliera jamais ce regard là... Le regard d'un beau père qui aurait mérité d'être père... Mais ce n'est pas le sujet de ce matin!

Julie passe son bac cette année. Le latin aujourd'hui à 13h30.

Madame B à le cœur qui fait boum boum. Sa petite fille chérie a les yeux bleus, un peu gris et un sourire de demoiselle. Réservée, parfois timide, elle rit et crie aussi fort que les hauts et les bas qu'elle connaît bien maintenant. C'est le rythme de la musique de son adolescence qu'elle vit aujourd'hui.

Madame B a le cœur d'une maman poule paraît-il. C'est un peu moins vrai à présent, Julie a grandi, Julie commence son bac aujourd'hui Julie aura bientôt 17 ans et juste après, elle en aura 18. Elle sera majeure, responsable de sa vie, de ses choix, de ses actes. Madame B toujours là, tout à côté pour l'écouter, la guider un peu quand même et lui donner la main si elle sent le vent tourner, la bousculer, la secouer... En tout cas, c'est ce que Madame B veut être pour sa fille... Sa fille chérie qui sortira d'une salle tout à l'heure: stressée, fatiguée mais soulagée d'avoir terminé... cette première épreuve...

Madame B n'a pas le temps de s'ennuyer avec ses autres sœurs, sa grande maison, ses passions, et son petit frère qui demande beaucoup d'attention mais toute la journée d'aujourd'hui, très fière, elle aura l'esprit occupé ailleurs, déconnecté, loin... tout près de sa fille Julie.

lundi 2 juin 2008

Envolée

Dans le garage, Monsieur B est occupé, il fabrique des treillis pour le potager de sa bien-aimée. Il veut finir car aujourd'hui, c'est dimanche et la fin d'un week-end décidément encore trop court. En la regardant dans les yeux, il comprend vite qu'il faut poser l'outil parce que si Madame B vient avec cet air là auprès de lui pendant qu'il bricole, c'est important. Dans les bras de Monsieur B, elle s'y blottit, sur son épaule, sa tête est posée pour y laisser couler les larmes d'un gros gros gros chagrin. Il est le seul à comprendre vraiment ce qu'elle ressent au fond de ses tripes, au fond de son cœur. Madame B lui avoue ses sentiments un peu lunatiques sur le sujet depuis toutes ces heures ou elle essaie de comprendre et surtout d'accepter un tel changement.

Personne ne pourra vraiment dire ce qui s'est passé, la nuit de vendredi à samedi, dans la chambre de Rémi et tout le monde sera d'accord pour dire qu'il a tout simplement grandi, que c'est normal et même beau d'affirmer que le choix est venu de lui, lui seul l'a décidé, juste quand il le fallait, que dans la tête d'un si petit bonhomme il s'y passe des choses de la vie qui marchent fort bien. Le bébé de Madame B qui adorait tellement téter, qui n'en avait jamais assez. Le bébé de Madame B au sein c'était quelque chose, cette fusion entre mère et fils était unique. Il a pourtant décidé ce matin là que cela devait cesser, terminer et avec une grimace qui marque clairement la décision Rémi tourne la tête quand Madame B s'approche de lui ou lui demande s'il veut téter. Au début c'est avec un amusement certain qu'elle en parle avec Monsieur B puis dans la matinée, à la question « es-tu triste » Madame B avoue qu'il était temps. Retrouver son corps de femme et une certaine liberté ne lui déplait pas... Mais... Il y reviendra... Elle ne veut pas penser autrement, pas encore car si dans sa tête elle n'est pas prête, son corps aussi lui rappelle que quelque chose cloche... Non, il va y revenir...

Il lui aura fallu 48h pour craquer. Madame B a encore essayé, proposé pour le coucher mais son petit-grand bébé ne veut même pas la regarder, il tend les bras vers son papa. La frustration est forte...

Elle s'est couchée l'âme aux souvenirs d'un bébé tout doux blotti dans ses bras... Il lui faudra un peu de temps pour s'habituer, ça c'est sûr, la gorge serrée, elle se tourne sur le côté pour essayer d'oublier, il faut dormir car demain il faudra se réveiller... Demain est-ce qu'il voudra téter?... Si elle avait su ce dernier soir que c'était LA dernière fois... Madame B laisse couler les larmes et s'endort...